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Though thorns may throng our way, We’re committed to give what we’ve got, The skill to make our people, and our world Talk to one another.

METEO

 

 

Question : Monsieur le Coordonnateur, le Programme de Formation Linguistique Bilingue a vingt ans. Pouvez-vous nous dire quel en est l’objet ?

 Le Coordonnateur : L’idée de créer le Programme de Formation Linguistique Bilingue participe de la volonté du Chef de l’Etat de traduire en actes concrets sa politique de promotion de nos deux langues officielles, le français et l’anglais, sur l’ensemble du territoire national. En effet, le bilinguisme français-anglais qui est consacré dans la constitution du Cameroun est considéré comme la carte d’identité de notre pays dont il est par ailleurs un facteur d’unité et d’intégration nationales.

Le Programme de Formation Linguistique Bilingue découle du Projet de l’Enseignement de l’Anglais aux Fonctionnaires et Agents des secteurs publics et parapublics créé en 1985. Le  Centre Linguistique Pilote qui en est le laboratoire et les champs d’expérimentation a ouvert ses portes en 1986.

Le Programme de Formation Linguistique Bilingue participe de la volonté du Chef de l’Etat de traduire en actes concrets sa politique de promotion du bilinguisme.

L’objectif majeur du Projet était de permettre aux agents de l’Etat francophones pour la plupart, d’acquérir des compétences en anglais. Mais on s’est vite aperçu que ce Projet ne prenait pas en compte l’autre composante de notre bilinguisme, à savoir le français. De plus, il ne touchait qu’un public très restreint, limité aux seuls fonctionnaires Camerounais. Le Président Paul Biya a donc décidé de réajuster les objectifs de départ du Projet et de donner à celui-ci plus d’envergure. D’où la création du

Programme de Formation Linguistique Bilingue par décret présidentiel n° 90/196 du 03 Août 1990. La mission du Programme est de :

-   favoriser l’acquisition par les participants de la compétence générale voulue pour communiquer oralement ou par écrit dans leur seconde langue dans les situations de travail décrites par leur employeur ;

-   contribuer à l’unité et à l’intégration nationales ainsi qu’au développement économique, social et culturel par la promotion des deux langues officielles sur toute l’étendue du territoire national ;

-   encourager les participants à gérer eux-mêmes, compte tenu de leurs besoins linguistiques et de leurs sujétions professionnelles, et à leur propre rythme, leur apprentissage par le travail individuel.

Question : Vingt ans après sa création, pensez-vous que les objectifs assignés au Programme aient été atteints ?

Le Coordonnateur : L’objectif majeur du Programme était de doter toutes les Provinces du pays de centres linguistiques. A ce jour, le programme est présent dans sept provinces : le Centre, le Littoral, le Sud, le Sud-Ouest, le Nord, l’Est et le Nord-Ouest.

Nous continuons d’œuvrer pour créer des centres dans les trois provinces qui n’en disposent pas encore.

La qualité des enseignements est de plus en plus adaptée et les enseignants sont performants.

Les défis du Programme de Formation Linguistique Bilingue sont liés à ses objectifs de départ et peuvent se résumer en trois mots : la Compétence, la Performance et l’Action.

S’agissant de la fréquentation de nos centres linguistiques provinciaux existants, le nombre d’apprenants du français ou de l’anglais est en constante augmentation. A titre d’illustration, ce nombre est passé de 47 à l’ouverture du Centre Pilote en 1986, à 12680 en 2006 pour le Programme.  La très forte demande qui continue de s’exprimer dans toute la République nous conforte dans l’idée que le Programme de Formation Linguistique Bilingue est un projet important qui répond à un réel besoin des populations camerounaises en général.

Question : Quels défis le Programme de Formation Linguistique Bilingue doit-il relever aux cours des prochaines années ?

Le Coordonnateur : Les défis à relever sont liés à nos objectifs de départ et peuvent se résumer en trois points : la compétence, la performance et l’action. Sur le plan de la compétence, il s’agit de pérenniser la formation continue des enseignants en leur garantissant les moyens de rester en contact avec les derniers développements en matière de didactique, mais aussi de diversifier leurs potentialités dans des domaines autres que l’enseignement, tel que le management, pour une meilleure gouvernance. En ce qui concerne la performance, il s’agira d’augmenter sensiblement le nombre d’apprenants, tout en leur assurant une formation de meilleure qualité. Cela passe par la modernisation de toutes les infrastructures matérielles, humaines et technologiques. Sur le plan de l’action, nous demeurons convaincus qu’il reste beaucoup à faire pour parvenir à la couverture totale du territoire national en centres linguistiques suffisamment équipés pour répondre aux besoins des populations. Des efforts seront consentis dans ce sens. Parallèlement, ceux qui ne peuvent se déplacer vers nos centres devraient pouvoir bénéficier de formations à distance grâce aux technologies de l’information et de la communication. Mais déjà, nous avons entrepris des actions en vue de faire du Centre de Yaoundé un Centre Linguistique de référence avec un rayonnement international. A cet effet un titre foncier vient d’être obtenu sur une superficie de près de 5000 m2 sur son site actuel. Il s’agira dans un premier temps de sécuriser ce site par une clôture. Ensuite, tout en préservant son caractère historique, nous procèderons à la modernisation des infrastructures existantes. Ce projet pourrait, à juste titre, faire partie des grandes ambitions du Président de la République, dans la mesure où il sera la vitrine du bilinguisme camerounais et pérennisera l’option irréversible du Chef de l’Etat pour un Cameroun bilingue et résolument tourné vers la modernité.

Question : Comment évaluez-vous l’utilisation pratique que les Camerounais font des deux langues officielles ?

 Le Coordonnateur : Cette utilisation est de plus en plus large et effective comme le veut le Chef de l’Etat qui ne cesse d’encourager la promotion du bilinguisme. Dans les administrations publiques l’usager ne développe plus aucun complexe d’ordre linguistique lorsqu’il a besoin d’un service. Dans nos universités, les cours se déroulent indifféremment en anglais et en français. Les départements ministériels chargés des enseignements secondaires et primaires ont pris des dispositions pour le renforcement de l’apprentissage de nos langues officielles. Les médias contribuent également à la promotion du bilinguisme à travers leurs programmes. Tous ces secteurs peuvent compter sur la collaboration du Programme de Formation Linguistique Bilingue. Enfin, il convient de relever, pour nous en féliciter, que nos compatriotes qui participent à des rencontres internationales sont parfois sollicités pour servir de facilitateurs linguistiques de par leurs compétences dans les deux langues. A cet égard, la qualité et le nombre des traducteurs et interprètes travaillant pour les organismes internationaux sont éloquents.

Je voudrais rendre un hommage mérité à tous les promoteurs du bilinguisme qui oeuvrent dans le cadre du Programme de Formation Linguistique Bilingue.

Cependant, nous ne pouvons nous dissimuler le fait que beaucoup reste encore à faire pour permettre au plus grand nombre de Camerounais d’emprunter le train du bilinguisme afin de mieux saisir les opportunités qu’offre la mondialisation.

Question : Quel est votre dernier mot à l’endroit de tous les acteurs du Programme de Formation Linguistique Bilingue en ce 20e anniversaire ?

Le Coordonnateur : Je voudrais d’abord leur transmettre les vifs encouragements de Monsieur le Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République qui, en tant qu’autorité de tutelle, est très attentif à leurs besoins, à leur encadrement, bref à leur épanouissement professionnel et humain. Comme eux-mêmes le savent, le Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République ne ménage aucun effort pour faciliter leur tâche dans la limite des moyens dont dispose l’Etat.

A l’occasion de ce 20ème anniversaire du Programme de Formation Linguistique Bilingue, il me charge de leur renouveler toute sa confiance. Il connaît leur engagement dans l’accomplissement de leur mission à laquelle le Chef de l’Etat lui-même attache une grande importance.

Pour ma part, je voudrais rendre un hommage mérité à tous les promoteurs du bilinguisme qui oeuvrent dans le cadre du Programme de Formation Linguistique Bilingue. Ce sont des femmes et des hommes dévoués, engagés, et dont le professionnalisme impose à tous le respect.