LES DEFICIENTS AUDITIFS ET VISUELS EN FORMATION
AU CENTRE LINGUISTIQUE PILOTE
Comme tout le monde, les déficients auditifs et visuels peuvent désormais apprendre la langue de Molière et de Shakespeare au Centre Pilote de Yaoundé. Pour cela, il leur suffit de se présenter au test de niveau après lequel ils sont intégrés d’après leur performance, avec d’autres apprenants non handicapés, soit dans un groupe pour vrais débutants, soit dans celui de faux débutants, ou encore dans tout autre groupe d’un niveau supérieur.
Commence alors pour tous une nouvelle expérience pédagogique. Dans la classe où se trouve un déficient auditif, l’enseignant donne la priorité aux notes écrites au tableau. Si au contraire il gère un groupe avec un déficient visuel, il accordera beaucoup d’importance aux répétitions. Les cours de vidéo qui combinent à la fois le son et l’image sont plus passionnants et complexes. Ils demandent beaucoup de dextérité de la part de l’enseignant qui doit faire une dictée d’image, faire le portrait des personnages, décrire et raconter ce qu’on voit à l’écran avec les malentendants et les entendants, ou encore faire des exercices de compréhension orale et de vocabulaire avec les malvoyants.

L’étape la plus difficile est l’évaluation. Comme chez les entendants, elle comporte les quatre compétences : la compréhension écrite, la compréhension orale, l’expression écrite, et l’expression orale. La compréhension orale chez le malentendant est remplacée par la traduction du français vers l’anglais des mots, des phrases, ou d’un texte court. On peut aussi l’évaluer sur un épisode de vidéo, ou encore lui faire une dictée de mots sur les objets que l’enseignant montre à l’écran. Un autre exercice consiste à lui demander de résumer un texte qu’il a sous les yeux. L’épreuve d’expression orale exige la présence d’un enseignant qui maîtrise le langage des signes pour communiquer avec l’apprenant.
L’épreuve de langue du déficient visuel est traduite en Braille à l’Institut PROMHANDICAM ou au CEJARC. Le malvoyant a la possibilité de répondre en Braille ou de taper ses réponses sur une machine à écrire mécanique. Si le texte n’est pas traduit en Braille, l’enseignant peut le lire étape après étape et demander à l’apprenant de répondre aux questions de compréhension en se servant de sa machine.
C’est de cette façon que nous avons formé une première génération de déficients, à l’instar de COCO Bertin dont nous sommes aujourd’hui fiers. Signalons aussi le cas de l’apprenant EVOUNA ETOUNDI du niveau Advanced A qui s’apprête à soutenir son mémoire de fin de formation linguistique. Ces deux cas illustrent bien qu’au Centre Pilote, le handicap n’est plus un obstacle à l’apprentissage des langues.











